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Sénégal : Regard vers le futur sous un nouveau leadership

AGRICULTURAL

Notre Fondation a commencé ses opérations au Sénégal en 2014. Une équipe de douze personnes couvre désormais une grande partie du pays. Ils aident les agriculteurs à accéder à une gamme de services agricoles et à de meilleures semences et stimulent l'emploi des jeunes. AfricaRice est l'un de plusieurs partenaires importants. Youssou Diagne est à la tête de notre équipe sénégalaise depuis le début et se retire désormais dans un rôle de conseil. Son successeur en avril est Alassane Aw, jusqu'alors responsable de notre programme local Agriservices. Nous les avons interrogés sur les moments clés jusqu'à présent et les développements futurs possibles. Ils fournissent également des conseils pour les jeunes intéressés par l’agriculture et les clefs pour réussir dans le domaine. L'entretien a été réalisé en mars 2020.

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Pouvez-vous nous rappeler, en quelle année et comment avez-vous rejoins la Fondation Syngenta pour une Agriculture Durable ?
Youssou Diagne: J’ai rejoint le Fondation en février 2014. J’avais travaillé auparavant entre 2007 et 2013 dans deux Programmes de l’USAID* au Sénégal où je m’occupais de diversification de cultures et de croissance Economique.
Alassane Aw: Pour ma part, j’ai rejoint la Fondation quelques temps après Youssou, en janvier 2015. À l’époque je travaillais comme programme manager pour un projet de l’USAID basé à Matam dans le Nord Est du Sénégal. Un ami à moi m’avait parlé d’une annonce pour le recrutement d’un coordonnateur local pour un programme riz qui devait démarrer à la Fondation. Ayant déjà travaillé dans le domaine, j’ai envoyé mon CV et quelques jours après Youssou Diagne m’a contacté pour un entretien. Je ne savais pas combien de temps allais durer ce projet, mais j’ai tenté ma chance et me voilà encore là !

 

Trois mots pour décrire le travail de la Fondation au Sénégal?
Y.D: Les premiers mots qui me viennent à esprit sont Loyauté et Engagement. Puis, je dirais une expression « On n’est jamais mieux servi que par soit même » qui me parait conforme à notre travail. Nos agriculteurs sont les acteurs de leurs propres conditions, nous devons donc leur donner les outils afin qu’ils puissent répondre à leur besoins et ceux de leurs familles.
A.A: Je dirais tout d’abord « efficace » car les producteurs avec qui nous travaillons, reconnaissent le travail accompli par la Fondation, qui leur a permis  d’améliorer leurs rendements, leurs revenus et d’avoir accès à du matériel agricole.  « Flexible » car nous nous adaptons vite à l’environnement socio-économique de notre pays, et aux besoins des producteurs afin de proposer des solutions  durables. Pour répondre à cela nous avons mis en place des Centres d’exploitations des machines agricoles (CEMA). Je dirais également « engagé » : l’équipe ne recule pas face à la complexité des activités, tous les efforts sont mis en œuvre pour la réussite des programmes.
On peut citer par exemple, le cas de la création d’emplois pour les jeunes avec le modèle digital RiceAdvice et le modèle Farmer Hub qui met en avant de jeunes agri-preneurs.

 

Youssou, Si il y avait un évènement ou un souvenir en particulier à retenir de votre expérience avec la Fondation ?
L'Italie fait actuellement la une des journaux pour de très tristes raisons. Mais je garde un bon souvenir d’une visite chez des riziculteurs en 2016. Ce fût vraiment intéressant de voir comment les agriculteurs y cultivent. J'ai eu la chance de voyager avec notre consultant Marco Quadranti, qui parle couramment l'italien et le français, ainsi qu'avec le responsable des services agriservices de la Fondation, Robert Berlin. Nous étions également accompagnés de Dominik Klauser de l'équipe R&D et Alassane. Une visite vraiment mémorable!

 

Alassane, vous êtes donc emmené à reprendre la Direction de la Fondation au Sénégal, comment voyez-vous la direction du travail de la Fondation au Sénégal à moyen et long terme ? Sur quels aspects allez-vous vous concentrez ? Qu’espérez-vous pouvoir accomplir avec la Fondation au Sénégal ?
A moyen terme l’objectif est de renforcer le partenariat au niveau privé et publique afin de mettre à plus grande échelle les modèles et les innovations que nous avons réussi à mettre en place au profit des producteurs et en particuliers les jeunes. A long terme il faudra arriver à systématiser et standardiser nos méthodes et nos interactions de travail dans les différents stream, les partenaires (Publique, Banque, Network Manager, Recherche, etc.) pour une meilleurs utilisation des ressources et une amplification des résultats. En résumé, je compte me concentrer sur : Les partenariats pour le financement et la mise à l’échelle des activités ; Le transfert de technologie et la promotion des innovations adaptés à la réalité de nos producteurs en mettant le focus sur le digital, ainsi que la préservation de la santé des sols. La mise en place de Network Manager pour l’amplification et la durabilité des actions est également importante. J’espère que notre travail ici au Sénégal nous permettra de donner plus de visibilité à la Fondation au niveau local ainsi que régional en Afrique. Je souhaite également engager avec le gouvernement et nos partenaires afin qu’ils fassent appel à notre expertise.  

 

L’un des objectifs de la Fondation est d’offrir un environnement dynamique aux jeunes. Avez-vous un conseil à leur donner afin qu’ils puissent jouer un rôle essentiel dans le domaine de l’agriculture ?
Y.D: La persévérance est essentielle! La première étape consiste donc à bien réfléchir à sa motivation. Demandez-vous si vous avez vraiment la passion qui vous fera traverser toutes les difficultés de ce secteur. Si votre réponse est «OUI!», Alors la bonne nouvelle est que la Fondation et de nombreuses autres organisations sont là pour vous aider. L'avenir de l'agriculture dépend de la volonté des jeunes à entreprendre dans le secteur et saisir les opportunités offertes. C’est une énorme responsabilité, mais c’est une responsabilité que la Fondation et d’autres sont déterminées à assumer.
A.A: Je suis absolument d'accord. Vous devez rester patient et croire en ce que vous faites. Comme on dit au Sénégal: «Pour grandir, il faut commencer petit».

 

Un dernier mot pour la fin ?
Y.D: Je tiens à remercier particulièrement le Directeur Exécutif Simon Winter, ainsi que Robert Berlin pour leur soutien continu,  cela a été un plaisir pour moi de travailler avec eux. J’ai beaucoup apprécié également la qualité de leur style de management basé sur la confiance et la responsabilisation. Je remercie également l’ensemble de mes collègues au Sénégal, avec qui j’ai eu le plaisir de travailler toutes ces années. Concernant la suite, je vais continuer à soutenir les projets de la Fondation au Sénégal afin de faciliter les relations avec le Gouvernement Sénégalais, notamment le Ministère de l’agriculture qui est un partenaire incontournable. Au niveau régional également j’espère apporter mon expérience si besoin, avec mes collègues au Mali ou au Nigéria par exemple. Autre chose ? J’ai aussi en tête avec ma fille de finaliser projet dans le secteur de la restauration. Cela a toujours été un rêve pour moi d’avoir un restaurant car j’adore manger !

A.W: Je  remercie toute la direction de la Fondation en particulier Simon Winter et Robert Berlin pour la confiance en me confiant le rôle de directeur Pays pour le Sénégal. Tout Cela a été également possible grâce à un travail de coaching effectué par Youssou qui m’a permis de beaucoup apprendre et de m’améliorer. Avec notre équipe nous feront tout ce qui possible pour atteindre les objectifs fixés.

De gauche à droite: Alioune Baldé (Farmers' Hub Rufisque),Willy Beay (Directeur Passion Nature), Youssou Diagne
Alassane Aw
Visite d'un CEMA à Kassack Nord (Sénégal) avec Vincent Fautrel (CTA)